x/366 "Aujourd'hui ce que l'on porte"
Du noir et du bleu aujourd'hui. Des chaussures de marche beige pour rentrer à vélo à la maison ce soir. Le sac à dos comme carapace d'une tortue ne me quitte presque jamais. J'ai porté le sourire et une bonne humeur inattendue, dont je ne sias d'où elle me vient, d'une classe à l'autre.
37/366 "aujourd'hui je pourrais écrire sur ma tête"
Il me restait trois quarts d'heure, j'ai tenté en vain de convaincre un coiffeur pour hommes désœuvré pour une coupe express. Je suis tombée sur la vitrine kitch de Tony. Minuscule salon clinquant, courette aménagée façon mosquée de Paris. Tony a fait des tortillons avec mes boucles pour les alléger de petits coups de ciseaux en forme de peigne. Il a séché brossé ma tignasse : je ressemblais à une vieille américaine, j'ai fait la moue. Alors il a repris ses instruments, un carré plongeant bien propre au ras des joues, le cheveu très sage, j'adore, j'ai changé de tête.
36/366 "Ca change tout le temps"
Les passagers dans le train changent tout le temps, les gens autour de la gare aussi, enfin croit-on, car à y regarder de plus près, plus attentivement, on les revoit bien souvent. Leur place aussi finit par être à peu près la même.
33/366 "J'éviterai de dire que"
Alors, j'évite !
32/366 "Un air dans la tête"
Un drôle d'air de tête de loup...
31/366 "Aujourd'hui : super-héros"
Je rentrais chez moi avec un sac à dos contenant le repas asiatique commandé dans un restaurant qui se trouve à un quart d'heure à pied. A la tombée du jour, Jupiter, Vénus, la Lune étaient presque alignées sur fond bleu sombre. Leur disposition a changé au fur et à mesure que le ciel noircissait et se couvrait d'étoiles. Au premier étage d'un immeuble, un inconnu sur son balcon réglait dans l'onscurité un appareil photo sur pied, dirigé vers Jupiter.
30/366 "Aujourd'hui : toucher"
Parfois on se demande comment on va parvenir à faire vivre une classe : on ne s'en sent pas l'énergie, il faut aller puiser dans d'autres réserves. Je m'efface, je laisse les élèves jouer les rôles, je guide avec la voix et le geste, à peine, et parfois ça fonctionne. Ils s'étonnent, l'heure est déjà finie, ils y ont pris un peu de plaisir, compris certaines choses. Touché. Mais ne vous méprenez pas , je suis, hélas, une enseigneuse médiocre.
29/366 "Aujourd'hui : le bien et le mal"
Je me répète une phrase de Clotaire Rapaille: "ce qui nous différencie d’un assassin, c'est qu'il a déjà commis un meurtre".
Lire "Un jour, le crime " de Pontalis : acheté il ya plusieurs mois, il attend dans ma bibliothèque.
Oublier la vacuité des désinformations, les mots prononcés qui n'auraient pas dû l'être, quelle que soit l'horreur des actes commis.
En entendant les rafales de tirs alors que je pédalais le long du canal, j'ai eu l'impression que toute la ville semblait épuisée.
28/366 "Qu'en restera-t-il dans un an?"
Qui peut le dire ?
Ce qui se tricote à l'intérieur sans que nous en ayons conscience, de quelle façon cela demeure-t-il en nous ?
Ma pensée aujourd'hui (loi de proximité ?), dans ce remue-ménage et ces séries d'informations démenties, confirmées, non confirmées, dans ce grand spectacle, au milieu des efforts parfois désespérés de certains journalistes pour donner des informations qu'ils n'ont pas ou répéter à l'infini celles qu'ils croient posséder, était pour sa mère.
(Tiens, j'ai habité pendant deux ans au numéro 15).
27/366 "aujourd'hui, au pied du lit"
J'aime ma chambre blanche et ordonnée. Je pense à la chambre de Pierre Loti dans sa maison extravagante de Rochefort : une cellule stricte.
Au bout de mon lit : la fenêtre, si près que je peux l'ouvrir en restant sous la couette. Au pied du lit sur une petite table est placé un téléphone à fil et à pile, j'ai encore deux lignes, la 05 et la 09, avec mon 06 cela fait presque une plateforme téléphonique. Ce soir au pied du lit j'ai dû passer une heure à bavarder avec mon amie d'enfance.
26/366 "en toc"
Cette femme assise dans le métro me rappelait un peu la Castafiore avec son manteau et ses gants rouges, sa façon de minauder avec une certaine grâce. Je me demande toujours pourquoi les hommes ont imposé aux femmes cette crainte de vieillir. Des cheveux blonds et lisses caressaient ses rides et sa peau un peu bizarrement tirée par endroits. Des cheveux en toc.
26/366 "Un moment où j'ai regardé l'heure"
J'ai regardé l'heure à la petite horloge numérique verte sur la porte du four noir, derrière le bar, entre deux placards de merisier. Il était sept heures trente-six ce matin.
25/366 "Fallait pas que"
Fallait pas que je flanche. Plus de vingt ans sans avoir mis mes pieds sur des spatules, partie à ski de fond avec un sportif infatigable. Neige un peu fondante l'après-midi, beaux points de vue sur l'Aneto, le Pic du Midi et autres monts pyrénéens. J'ai mobilisé des muscles oubliés, retrouvé le plaisir de faire des vols planés dans la neige (à raquettes on est plus stable !), cuit ma vieille peau au soleil, apprécié le thermos d'eau chaude et les barettes de Nescafé. Il n'y avait qu'une quinzaine de kilomètres de pistes encore pratiquables, j'ai tenu le coup.
24/366 "une belle image"
Les ordinateurs dans les lycées ont parfois la même fonction de babysitting que la télévision chez certains. Placez les chers petits devant un écran et toute la classe s'assagit.
J'ai proposé à mes élèves de CAP de se mettre par deux et de dessiner une maison pour quatre personnes avec un logiciel en ligne. Touchée par leur application, le caractère hétéroclite de leurs ébauches, leurs interrogations, les associations inhabituelles entre garçons et filles.
Aujourd'hui "une petite satisfaction personnelle"
Blanc. Blanc. Blanc.
22/366 aujourd'hui "moment de solitude"
Je me suis aperçue que je n'étais pas guérie, enfin pas tout à fait. Ce soir j'ai retiré de l'argent au distributeur, jusque là tout allait bien, mais lorsqu'à l'écran est apparu en gros "Votre nouveau chéquier est arrivé." c'était plus fort que moi, j'ai dit "Merci".
21/366 "Aujourd'hui : il a dit..."
"Deux euros !" a-t-il dit dans un grand sourire après nous avoir servi les deux cafés dans des tasses rouge et noir assorties à la robe d'A. Le bar des Tilleuls, ensoleillé, ses tabourets hauts et ronds. Je reviendrai.
20/366
Pourtant il y avait le beau soleil d'avant-printemps, le café bu en terrasse avec des collègues, le moment passé à lézarder dans mon jardin et les promesses de projets agréables et intéressants. Pourtant, non, il y a des moments où ce n'est pas facile.
19/366 "Aujourdhui blanc"
Trois murs de ma chambre sont peints en blanc et j'ai mis des rideaux de lin blanc à la fenêtre
18/366 "Sentiment de déjà vécu"
Je ne connais plus sensation de déjà vu, qui ne serait dûe qu'à un défaut de connexion entre nos neurones, un objet rangé dans la mauvaise case.
Après des années d'éloignement l'atelier du lundi soir s'est retrouvé samedi le temps d'un spectacle éphémère.

























